Le Programme

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Chapitre 13 : Les grands chantiers de la bifurcation écologique

Investir pour lancer la bifurcation de notre économie

C’est à partir de l’urgence écologique et climatique que doit se penser la politique de la Nation. La bifurcation écologique nécessite des investissements massifs pour changer les modes de production, d’échange et de consommation. Il faut créer des millions d’emplois de qualité pour mettre en œuvre ces changements. L’État républicain en dialogue avec les communes doit planifier la mobilisation générale.

Lancer un plan massif de 200 milliards d’euros d’investissements écologiquement et socialement utiles
Annuler les cadeaux fiscaux accordés sans contrepartie aux plus grandes entreprises ces dix dernières années
Utiliser cet argent pour investir et rétablir des pôles publics dans l’énergie, les transports et la santé afin de réindustrialiser le pays par des plans de filières au service de la bifurcation écologique
Instaurer la possibilité de souscrire à un contrat de bifurcation écologique garantissant les droits sociaux, la formation, et la rémunération, pour assurer un cadre protecteur pour les salariés en cas de reconversion d’une entreprise
Créer un droit de reprise d’activité préférentiel pour les salariés dans un but écologique en cas de cession ou de fermeture d’entreprise

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Développer les transports publics écologiques, repenser la mobilité individuelle

Le transport par rail a été sacrifié au nom de la concurrence. Des centaines de kilomètres de lignes ferroviaires sont menacées, tandis que les méga-camions envahissent nos routes. La libéralisation empêche toute politique de bifurcation écologique. Il est urgent de relocaliser les productions et de réduire les distances entre bassins de vie et bassins d’emploi.

Créer un pôle public des transports et de la mobilité
Renationaliser la SNCF et refuser la mise en concurrence des lignes de transport
Refuser la suppression des lignes ferroviaires du quotidien et en réouvrir, augmenter le nombre de trains et garantir des tarifs accessibles, maintenir des guichets physiques dans les gares
Créer une commission d’enquête sur le chantier ferroviaire du Lyon-Turin, projet écocidaire au coût démesuré
Revenir sur la liquidation de Fret SNCF poussée par la Commission européenne et mise en place par le gouvernement ; défendre l’opérateur public et développer massivement le fret ferroviaire en rendant obligatoire le raccordement des plateformes logistiques
Développer les transports publics à la demande hors des zones denses de transport public
Supprimer les lignes aériennes quand l’alternative en train est inférieure à quatre heures
Repenser la mobilité individuelle en développant les usages partagés de la voiture et les mobilités douces (comme le vélo)
Limiter la taille, le poids et les dimensions des SUV autorisés à la vente et développer la construction française de véhicules électriques légers
Décréter un moratoire sur les zones à faibles émissions (ZFE) dans leur conception actuelle, dont les critères induisent des inégalités sociales et une trop grande tolérance à l’égard de certains véhicules, notamment les SUV, qualifiés à tort de non-polluants
Garantir l’accès aux réseaux dans les territoires peu dotés en transports collectifs par le soutien aux garages solidaires et une aide suffisante à la réparation dans le cadre du contrôle technique
Adopter un plan de développement du ferroutage et de report modal (cabotage maritime, fluvial et dirigeable)
Renationaliser les autoroutes, en revenant sur les hausses de prix passées, ainsi que les aéroports stratégiques
Engager un plan spécifique de développement des transports collectifs en Outre-mer, quasi inexistants aujourd’hui, sur le modèle du projet de tram-train à La Réunion

À savoir

  • 76 % des Français sont pour le retour d’un contrôle public sur le rail et les trains (Harris Interactive, juillet 2021)

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Organiser le 100 % d’énergies renouvelables en 2050 et la rénovation énergétique

Les énergies fossiles sont polluantes et responsables du changement climatique. Le nucléaire n’est pas non plus une solution d’avenir. Une bifurcation de notre modèle énergétique s’impose. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), nous devons atteindre le 100 % d’énergies renouvelables. L’impératif de sobriété implique un plan d’envergure pour rénover l’ensemble du parc immobilier.

Planifier le passage à 100 % d’énergies renouvelables avec un double mot d’ordre : sobriété et efficacité énergétique
Sortir des énergies carbonées : arrêter les subventions aux énergies fossiles, y compris à l’étranger
Planifier le déploiement de technologies capables de réguler et gérer les pics et les creux de production et de consommation d’énergie : stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), développement du « véhicule au réseau » pour les voitures électriques, etc.
Sortir du nucléaire : abandonner les projets d’EPR (European Pressurized Reactor – Réacteur pressurisé européen), planifier le démantèlement, la réhabilitation et la reconversion des sites nucléaires et de l’ensemble de leur bassin de vie
Mettre en place une convention collective unique pour les travailleurs du nucléaire et arrêter l’utilisation massive de la sous-traitance, tout en garantissant leur reconversion au fur et à mesure des fermetures de centrales
Remettre en place des tarifs réglementés de l’énergie calculés à partir des coûts de production, pour les particuliers comme pour les entreprises, les collectivités locales et les bailleurs sociaux et y inclure des objectifs sociaux, comme la gratuité des premières quantités indispensables à une vie digne
Annuler la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz : stopper la privatisation des barrages hydroélectriques, créer un pôle public de l’énergie en lien avec des coopératives locales en renationalisant EDF et Engie
Annuler les hausses du tarif du gaz depuis 2017
Favoriser partout sur le territoire le recours aux diverses sources d’énergie les plus adaptées aux conditions météorologiques et géographiques (pour lutter contre la méthanisation à outrance notamment)
Refaire l’isolation d’au moins 700 000 logements par an
Mettre fin aux situations de précarité énergétique : privilégier les rénovations complètes, interdire réellement la location des passoires thermiques, renforcer les programmes de détection des passoires énergétiques, cibler les aides à la rénovation en fonction des revenus des ménages
Remplacer progressivement tous les logements chauffés au fioul par des chauffages qui produisent moins d’émissions de gaz à effet de serre comme des pompes à chaleur
Conditionner l’obtention de labels écologiques à des résultats énergétiques concrets et vérifiés pour les bâtiments neufs comme pour les rénovations thermiques
Se donner les moyens : former les professionnels, mettre en place un « guichet unique » public pour les propriétaires devant faire cette rénovation
Réduire l’impact écologique des travaux : développer l’éco construction avec des matériaux bioclimatiques (bois/terre/paille)
Optimiser les usages de l’énergie dans le secteur tertiaire : extinctions nocturnes des bâtiments, équipement LED obligatoires, extinction du chauffage et des répartiteurs informatiques lorsque les bureaux sont inoccupés, etc.
Abroger la loi qui a fusionné l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et garantir leurs moyens

À savoir

  • 74 % des Français sont favorables à un objectif de 100 % d’énergies renouvelables (Harris Interactive, juillet 2021)
  • 314 530 personnes ont participé à la votation organisée sur la sortie du nucléaire en 2018 (93,13 % des votants y étaient favorables)

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Consommer autrement, une France « zéro déchet »

La planète croule sous les déchets. À l’heure actuelle, nous ne pénalisons pas le mésusage des ressources mais en privons ceux qui ne peuvent payer. Nous devons sortir du cercle vicieux « produire plus pour consommer plus ». En application de la « règle verte », changeons de logique. Préférons la société du réparable et du durable à celle de l’obsolescence programmée et du tout-jetable.

Abolir l’obsolescence programmée et allonger les durées de garantie légale des produits :
Contre la surproduction de déchets : interdire immédiatement et réellement les plastiques à usage unique, remettre en place la consigne pour les bouteilles et bocaux en verre, rendre obligatoires le recyclage, le compostage ou l’incinération (dans cet ordre de priorité), généraliser, financer et accélérer la mise en place de filières de réemploi et de substitution aux matériaux d’origine fossile
Créer un service public de la réparation et du réemploi, avec la mise en place de formations pour certains métiers (notamment électricité, électronique, bâtiment, textile)
Rendre obligatoire l’écoconception des produits afin de limiter l’utilisation de ressources non renouvelables et ouvrir des formations obligatoires dédiées au low-tech et à l’écoconception dans toutes les écoles publiques d’ingénieurs et de design
Généraliser au plus vite l’indice de durabilité des produits (possibilité d’être réparé, durée de vie, etc.), rendre obligatoire la disponibilité et l’encadrement du prix des pièces de rechange et empêcher la mise sur le marché de celles qui auraient un score de durabilité insuffisant
Faire reculer la publicité dans l’espace public, interdire le dépôt de prospectus publicitaires commerciaux dans les boîtes aux lettres, les panneaux publicitaires numériques et le démarchage téléphonique commercial
Interdire la publicité des produits et services les plus émetteurs de gaz à effet de serre sur tous les supports publicitaires
Diminuer les possibilités de diffusion de publicité à la télévision
Créer un réseau national de déchèteries/recyclage
Interdire toute allégation pouvant donner l’impression d’une absence d’impact sur le climat de certains produits comme les mentions « neutres en carbone » sur les étiquettes des produits ou dans la publicité

À savoir

  • 78 % des Français se déclarent favorables à l’interdiction des publicités encourageant les pratiques alimentaires dangereuses pour la santé et celles relatives à des secteurs polluants (Harris Interactive, mai 2021)
  • 70 % des Français se montrent favorables à l’interdiction des publicités numériques et lumineuses (Harris Interactive, mai 2021)

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Souveraineté alimentaire et révolution agricole : pour une agriculture écologique et paysanne

L’agro-business détruit tout : les écosystèmes, notre santé et celle des paysans. Les maux sont connus : pesticides, gigantisme agricole, soumission aux marchés financiers. Ce système met à mal notre capacité à nourrir l’humanité. L’agriculture écologique et paysanne doit nourrir la population et ceux qui en vivent.

Instaurer une agriculture relocalisée, diversifiée et écologique et créer 300 000 emplois agricoles
Garantir des prix rémunérateurs aux producteurs par des prix planchers pour les agriculteurs, interdire les ventes à perte et mettre en place une caisse de défaisance pour reprendre les dettes agricoles des convertis au 100 % bio
Garantir aux agricultrices et agriculteurs le droit à une retraite digne en engageant une réforme du système des retraites agricoles
Refondre la PAC (politique agricole commune) et orienter les aides publiques agricoles pour favoriser la production écologiquement soutenable, l’intensité en main d’œuvre des exploitations et le développement des protéines végétales
Faire une réforme agraire pour encourager l’installation de nouveaux agriculteurs et permettre le développement d’un tissu de nombreuses exploitations à taille humaine
Mettre en place un plan de protection généralisée du foncier agricole, forestier

et naturel en vue de mettre en œuvre le « zéro artificialisation nette » des sols dès 2027 en hexagone

Planifier la réduction progressive des doses d’engrais et de pesticides, interdire immédiatement les plus dangereux (glyphosate, néonicotinoïdes) et l’importation de productions qui en contiennent
Instaurer un protectionnisme écologique en fonction des conditions de production et de rémunération du travail agricole : appliquer la clause de sauvegarde pour interdire l’importation de produits mettant en cause une norme sanitaire nationale et garantir un prix minimum d’entrée face à la concurrence déloyale
Limiter le prix final des produits alimentaires en fixant des coefficients multiplicateurs et en encadrant les marges des industries agro-alimentaires et de la grande distribution
Développer les circuits courts pour réduire la circulation des marchandises et l’utilisation d’emballages
Protéger nos produits du terroir de la concurrence internationale en garantissant les moyens de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), qui permet de maintenir l’Appellation d’origine protégée (AOP), l’Appellation d’origine contrôlée (AOC) et l’Indication géographique protégée (IGP)

À savoir

  • 86 % des Français sont favorables à un plan de création de 300 000 emplois dans l’agriculture (Harris Interactive, juillet 2021)
  • 89 % des Français sont favorables à une loi pour l’interdiction du glyphosate (Ifop, février 2019)

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