Chapitre 16 : Une diplomatie altermondialiste pour la paix
Assumer l’indépendance de la France dans le monde
Les quinquennats Sarkozy, Hollande et Macron ont enfermé la France dans l’OTAN. En charriant la doctrine de « choc des civilisations », en soutenant le piétinement du droit international au Proche Orient tout en prétendant le défendre ailleurs, cette vision étroitement « occidentale » du monde ne fait qu’aggraver les tensions internationales. Avec sa vision ultranationaliste et suprémaciste, Trump incarne un nouvel âge de l’impérialisme. En allant jusqu’à remettre en cause l’intégrité territoriale y compris de pays « alliés » des USA, il menace quiconque ne se met pas au service des Etats-Unis dans leur compétition sans limites avec la Chine. Pour promouvoir la paix et la coopération, qui vont de pair avec les intérêts de la France, sortir des ornières de l’atlantisme et retrouver une voix indépendante est une nécessité
Se retirer immédiatement du commandement intégré de l’OTAN puis, par étapes, de l’organisation elle-même
Construire une défense souveraine au service de la paix
Les alliances militaires permanentes, comme l’OTAN construite par et pour les États-Unis, sont contraires aux intérêts et aux principes de notre pays. Elles réduisent la portée de sa diplomatie et aliènent son message. La France doit adopter une nouvelle programmation pour retrouver sa souveraineté sur son industrie et sa politique de défense, et permettre d’organiser une réponse adaptée à la situation de guerre larvée, tout en tirant toutes les conséquences de la crise climatique et environnementale.
Rédiger un livre blanc et adopter une loi de programmation militaire visant à restaurer notre indépendance, notre souveraineté industrielle et mettre en œuvre notre adaptation au changement climatique
À savoir
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96 % des Français sont favorables à ce que les procédures administratives pour les blessés psychiques de guerre soient simplifiées (Harris Interactive, mai 2021)
Renforcer l’ONU pour faire vivre un monde ordonné
En dépit de ses insuffisances, l’Organisation des Nations unies reste le seul organe légitime, car universel, pour assurer la sécurité collective. Elle est pourtant sapée de l’intérieur, par des manques financiers qui la rendent dépendante du bon vouloir de sociétés privées « partenaires », et de l’extérieur, par les puissances impérialistes qui s’affranchissent du droit international et développent au profit de leurs seuls intérêts une conception particulière du « multilatéralisme ». La France doit œuvrer sans aucune arrière-pensée au retour en force de cette institution face aux déséquilibres et menaces pour la stabilité et la paix.
Réaffirmer que l’ONU est le seul organe légitime pour la sécurité collective
À savoir
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83 % des Français sont favorables à ce que l’ONU joue un rôle plus important pour assurer la paix sur Terre (Harris Interactive, juillet 2021)
Agir pour le respect du droit international contre les guerres
Face à l’augmentation des conflits armés dans le monde, la France doit choisir le camp de la paix, et non celui des tensions et des escalades militaires. Les déclarations bellicistes d’Emmanuel Macron aggravent les problèmes plutôt que de les résoudre. Aucune paix durable n’est possible sans justice : les crimes de guerre doivent être jugés, et le droit international respecté. Dans un monde désordonné, ce dernier reste le seul moyen de rétablir notre humanité commune.
Appuyer le droit et la justice internationale, pour que les mesures conservatoires décrétées par la Cour internationale de justice soient appliquées, et que les criminels de guerre soient jugés
Refuser le libre-échange, instaurer un protectionnisme écologique et la coopération économique
La mondialisation néolibérale est d’abord la globalisation de la finance, la concentration des pollutions, la propagation des épidémies et le déménagement permanent du monde pour le seul profit des multinationales au détriment des peuples et de l’environnement. La compétition de tous contre tous qu’elle instaure signifie désindustrialisation, chômage de masse, émigration forcée, destruction des productions vivrières, etc. Le protectionnisme écologique est la seule réponse rendant possibles un codéveloppement au service des peuples et la préservation d’un écosystème compatible avec une vie humaine digne.
Porter au sein du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) des propositions de rupture avec le néolibéralisme international, et réinvestir la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED)
Étendre les protections du droit international aux biens communs planétaires
La crise écologique ne connaît pas les frontières administratives. Ce qu’un pays rejette dans l’air sera aussi respiré par ses voisins. Ce qu’il déverse dans l’eau échouera sur la côte à l’autre bout du monde. Les responsabilités sont forcément collectives. Les entreprises criminelles et les pollueurs de masse doivent répondre de leurs actes. Il est donc temps d’élargir le droit international à l’impératif climatique et écologique.
Reconnaître un crime d’écocide
Pour une politique migratoire humaniste et réaliste
L’émigration forcée est toujours une double souffrance : ne pas être chez soi où l’on vit, et ne plus être chez soi d’où l’on vient. Les migrations sont un sujet trop sérieux pour les réduire à des surenchères. La première tâche est de permettre à chacun de vivre chez soi, auprès de ses proches et de ses amis. Pour cela, il faut arrêter les guerres, les accords commerciaux qui détruisent les économies et affronter le changement climatique.
Renforcer l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) et organiser une conférence annuelle sur les migrations
À savoir
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83 % des Français sont favorables à un plan de co-développement initié par la France pour prévenir les migrations forcées (Harris Interactive, juillet 2021)
Les Outre-mer, fer de lance d’une diplomatie écologique altermondialiste
Grâce aux Outre-mer, la France est présente à tous les points clés de l’écosystème. Elle possède le deuxième domaine maritime au monde. La Guyane française abrite près de 80 % de la biodiversité nationale et partage avec le Brésil la plus longue frontière terrestre de notre pays. Le devoir de la France est fixé par ses responsabilités. Elle doit être le fer de lance d’une diplomatie universaliste. Les Outre-mer en seront les points d’appui.
Construire des politiques internationales à partir des Outre-mer : préservation de l’Amazonie, aide aux peuples autochtones menacés par la montée des eaux et la sécheresse
Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes
Un autre monde est possible, plus juste, plus ordonné, plus écologique. Pour cela, de nouvelles coopérations doivent être engagées et d’autres renforcées. La France doit œuvre r, sans exclusive, à tous les projets sortant d’une conception néolibérale et occidentaliste de la mondialisation, promouvant des biens publics mondiaux exempts des mécanismes du marché et luttant contre les inégalités et la crise écologique.
Consacrer 0,7 % du revenu national brut à une aide publique au développement débarrassée du carcan néolibéral
Unir le petit bassin méditerranéen autour d’objectifs communs de progrès
Ne nous résignons pas à voir la mer Méditerranée devenir un cimetière pour migrants. La France doit assumer en Méditerranée la responsabilité particulière créée par son histoire, sa géographie, sa langue, la richesse et la diversité de son peuple.
Créer un réseau d’universités méditerranéennes et organiser un réseau méditerranéen de l’enseignement professionnel
Construire une relation avec l’Afrique basée sur la souveraineté des peuples
Des dynamiques de révolutions citoyennes se sont déclenchées à travers toute l’Afrique ces dernières années. Le gouvernement français est resté sourd à ces aspirations populaires. Sa politique est pourrie par une vision affairiste répondant aux seuls intérêts bornés des oligarchies. Il est dans l’intérêt des peuples que la France adopte une politique africaine guidée par l’intérêt général humain. La coopération entre les peuples est la méthode qui permettra d’avancer en ce sens.
Bâtir une politique prenant en compte la réaffirmation de la souveraineté des peuples africains et les transformations profondes de ce continent
Passer à la francophonie des peuples
La langue française est la troisième langue la plus parlée au monde. Mais, sur le terrain, le nombre de locuteurs réels diminue. Cette langue en partage est pourtant un lien à faire vivre et à développer dans sa dimension politique. La francophonie est malgré cela trop souvent ignorée, ou confisquée par un cadre officiel inaccessible à la majorité des populations francophones.
Défendre l’usage du français dans les institutions internationales