Le Programme

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Chapitre 5 : Élever le niveau d’instruction

Éradiquer l’illettrisme et développer l’alphabétisation

Les difficultés de lecture touchent plus de 4 millions de personnes dans l’Hexagone. 40 % de la population est concernée à Mayotte, 20 % en Martinique, Guadeloupe ou Guyane. De plus en plus de démarches s’effectuant uniquement en ligne, les personnes illettrées perdent peu à peu l’accès à leurs droits et ne parviennent même plus à régler leurs factures ou à se déplacer. Nous voulons éradiquer enfin l’illettrisme.

Éradiquer l’illettrisme pour les jeunes sortis du système scolaire et les adultes à l’horizon 2027
Développer les structures d’alphabétisation et les cours de langue française pour les personnes non francophones
Financer des programmes associatifs d’accompagnement
Repérer les personnes en situation d’illettrisme par des actions nationales et annuelles, et leur proposer une remise à niveau gratuite

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Faire le service public de la petite enfance

Tant que la charge totale du travail des femmes, activité domestique comprise, demeurera supérieure à celle des hommes, elles n’auront pas leur juste part de liberté, de loisirs et de repos. C’est aux femmes qu’incombe encore trop, et parfois exclusivement, la prise en charge des enfants. En 2023, la maltraitance au sein de crèches privées a été révélée par plusieurs enquêtes : la course aux profits fait des ravages sur les enfants et les personnels. L’établissement d’un vaste système de garde d’enfants, public, où le bien-être des enfants n’est pas sacrifié sur l’autel de la rentabilité, est donc impératif, pour la liberté des parents, les mères en particulier, pour garantir le meilleur accueil des tout-petits et pour assurer de bonnes conditions de travail aux personnels.

Créer un service public de la petite enfance et ouvrir 500 000 places en crèche et modes de garde adaptés sur cinq ans
Planifier la création de crèches (publiques et d’entreprises publiques) et de jardins d’enfants à effectifs réduits et garantissant un accès à un espace extérieur contenant une vraie végétation
Geler les ouvertures de places du secteur prive? lucratif et re?orienter les financements vers l’ouverture de places dans le public
Viser un droit opposable a? l’accueil des jeunes enfants pour les familles
Augmenter les moyens humains et matériels pour améliorer les conditions de travail et d’accueil dans les structures existantes
Améliorer la formation des professionnelles et mieux reconnaitre leurs me?tiers
Garantir la gratuité des crèches publiques

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Reconstruire une école globale pour l’égalité et l’émancipation

Une des grandes conquêtes sociales du siècle passé consiste à avoir arraché les enfants aux violences de l’usine pour les accueillir à l’école publique. Mais l’école publique, laïque et gratuite, qui est une des clés du progrès social et humain, sort terriblement affaiblie d’une quinzaine d’années marquées par des politiques destructrices. Les ministres de l’Éducation s’enchaînent sous Macron — pas moins de 4 en 2024 — mais partagent leurs attaques contre le service public de l’éducation et ses fondements en le livrant au marché. Il faut reconstruire l’école de l’égalité et de l’émancipation, une école qui participe à la prise en charge des grands défis de demain : la bifurcation écologique et la 6e République.

Assurer la gratuité réelle de l’éducation publique, y compris les cantines, le transport et les activités périscolaires, fournir gratuitement aux élèves les manuels scolaires, ainsi que des fournitures sans marque, pour assurer une réelle égalité des conditions entre élèves sur tout le territoire et lutter contre l’intrusion marchande à l’école
Assurer l’égalité devant l’école :
Mettre en place une véritable politique d’éducation prioritaire en refondant la carte du réseau d’éducation prioritaire (REP) en fonction des besoins
Réduire partout les effectifs par classe pour faire mieux que la moyenne en Europe, qui est actuellement à 19 élèves par classe, en priorisant les maternelles et les classes des actuelles REP
Renforcer les dispositifs de rattrapage scolaire
Instaurer une nouvelle carte scolaire mettant fin à la ségrégation scolaire
Étendre la scolarité obligatoire à 18 ans, en proposant, si nécessaire, une garantie d’autonomie à partir de 16 ans
Garantir la variété des langues vivantes enseignées et leur apprentissage dès le CP
Augmenter le nombre de classes pour les élèves primo-arrivants
Suspendre l’expérimentation de l’uniforme
Abroger le « Choc des savoirs » qui renforce la ségrégation scolaire et sociale
Garantir le droit de chaque élève à progresser au sein d’une même classe de niveau hétérogène tout au long de sa scolarité dans l’enseignement secondaire en mettant fin aux groupes de niveaux au collège
Refuser de conditionner l’entrée du lycée à l’obtention du Diplôme national du Brevet (DNB) et supprimer les classes préparatoires à la seconde
Mettre en œuvre un plan de construction d’établissements publics dans les déserts d’écoles publiques afin de garantir la liberté d’enseignement
Revaloriser les personnels de l’Éducation nationale et renforcer les moyens :
Rattraper le gel du point d’indice depuis 2010 et revaloriser les grilles salariales en engageant une négociation avec les organisations syndicales et mettre fin au Pacte enseignant
Adopter un plan pluriannuel de recrutement pour l’ensemble des concours, avec un dispositif de prérecrutement au métier d’enseignant favorisant l’accès des jeunes de tous les milieux sociaux
Créer des écoles professionnelles de l’enseignement, renforcer la formation initiale et continue des personnels, en intégrant notamment une solide formation à la sociologie de l’éducation, à la pédagogie, à la psychologie de l’enfant et de l’adolescent, et à la lutte contre les discriminations ; soutenir la recherche en éducation et développer des partenariats entre l’Éducation nationale et des mouvements pédagogiques agréés
Renforcer partout les effectifs de la vie scolaire (assistants d’éducation, assistants pédagogiques)
Reconnaître le travail et l’engagement des personnels en mettant fin aux dispositifs d’évaluation et de contrôle permanent ainsi qu’en réaffirmant la liberté pédagogique, notamment dans le primaire
Créer un véritable service public d’accompagnement du handicap, avec un nouveau corps de personnels fonctionnaires et mettre fin à la mutualisation des accompagnants d’élèves en situation de handicap
Mettre en place une aide administrative et éducative aux directeurs d’école et améliorer le mode de décharge d’enseignement pour tous les directeurs d’écoles maternelle et élémentaire
Associer aux décisions des établissements les personnels, les parents et les élèves
Renforcer la médecine scolaire en garantissant le nombre de personnels par établissement
Labelliser les intervenants extérieurs au sein des établissements scolaires afin de s’assurer de la qualité des interventions et supprimer l’ensemble des partenariats entre l’Éducation nationale et le Medef et les fondations « philanthropiques » des entreprises du CAC 40
Restaurer le cadre national du service public d’éducation :
Rétablir le diplôme national du baccalauréat, abroger les contre réformes du lycée, de la voie professionnelle et du collège
Abolir les privilèges de l’enseignement privé et abroger la loi Carle
Appliquer un malus au financement public des établissements privés sous contrat contribuant à la ségrégation socio-scolaire, introduire un mécanisme de pénalité financière des établissements privés sous contrat pratiquant l’éviction des élèves les plus en difficultés, interdire les subventions facultatives des collectivités territoriales aux établissements privés sous contrat
Faire de l’école le levier de la bifurcation écologique et démocratique :
Intégrer l’enjeu écologique dans les programmes de la maternelle au lycée et introduire de nouveaux enseignements pratiques
Porter l’alimentation dans les cantines scolaires à 100 % biologique et locale, réduire la part des protéines carnées au profit des protéines végétales et imposer une option végétarienne quotidienne
Construire de nouveaux établissements à taille humaine et rénover le bâti existant afin de prendre en compte les enjeux sanitaires et environnementaux (désamiantage notamment)
Étendre le droit de réunion et d’association pour les lycéennes et lycéens
Renforcer l’éducation à l’égalité, contre le sexisme et les discriminations, dans les programmes scolaires
Fournir les moyens réels pour assurer à tous les élèves en collège et lycée les trois séances annuelles d’éducation à la vie affective et sexuelle prévues par la loi ; ces séances incluront les problématiques liées au consentement, à l’orientation sexuelle, à l’identité de genre et à la lutte contre les LGBTIphobies
Formuler un projet « d’école globale » : rendre cohérent scolaire et périscolaire
Supprimer la participation sur le temps scolaire des élèves de seconde et de première CAP à un séjour de cohésion du Service National Universel (SNU)

À savoir

  • 67 % des Français sont favorables à la gratuité intégrale de l’école, cantine et matériel scolaire compris (Harris Interactive, juillet 2021)

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Qualifier tout le monde

L’élévation continue du niveau de qualification des travailleurs est essentielle. La bifurcation écologique nécessite des qualifications de pointe à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Il est donc impératif de penser ensemble les offres de formation initiale et la formation tout au long de la carrière en cohérence avec les objectifs écologiques du pays.

Nous voulons reconstruire les filières publiques d’enseignement professionnel, aujourd’hui dévastées. Elles sont une voie d’excellence dans laquelle étudie la moitié de la jeunesse du pays. Les savoir-faire qui y sont appris et transmis sont indispensables face aux défis écologiques qui nous attendent.

Augmenter le nombre de classes et de lycées professionnels et agricoles publics
Créer des centres polytechniques professionnels
Rétablir l’encadrement de la création de centres de formation des apprentis (CFA) sous l’autorité des régions
Interdire les diplômes privés professionnels
Rétablir le baccalauréat professionnel en quatre ans, abroger les contre-réformes du lycée professionnel en renforçant notamment les enseignements généraux et en supprimant les nouvelles périodes de stage
Protéger les cursus courts dans l’enseignement supérieur et encourager la poursuite d’études après un bac professionnel ou technologique (BTS, DUT, licences professionnelles…)
Structurer les filières professionnelles qui répondent aux besoins en main-d’œuvre de la bifurcation écologique
Redonner et développer les moyens humains et financiers de formation aux lycées agricoles publics
Permettre l’accès et la gratuité des places d’internat aux étudiants et apprentis mineurs sous condition de ressources et pour les plus éloignés des lieux d’apprentissage
Réinstaurer un service public national de l’orientation
Réserver la taxe d’apprentissage aux établissements publics

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Être une grande nation scientifique

Le développement et le rayonnement scientifiques sont un pilier de notre indépendance et de notre épanouissement à l’ère des incertitudes écologiques. La France doit demeurer une nation du savoir scientifique. L’internationalisme humaniste auquel nous aspirons s’écrit aussi dans des coopérations scientifiques.

Financer des plans généraux de thèmes de recherche sur des secteurs d’avenir
Rehausser le niveau d’investissement public dans la recherche
Bâtir un statut protecteur pour les jeunes chercheurs
Développer des universités plus ouvertes sur la société avec des services dédiés chargés d’organiser le lien entre les chercheurs et la population, dans un esprit de diffusion des savoirs et de réflexion citoyenne sur leur usage
Abroger l’augmentation des frais d’inscription décidée par Macron pour les étudiants étrangers
Créer un service public de la publication scientifique pour permettre aux citoyens et universités d’accéder gratuitement aux articles des chercheurs sans enrichir les revues et bases de données privées
Renforcer les grands instituts publics de recherche (CNRS, Inserm, Inrae, etc.), garants des recherches d’intérêt général et supprimer l’Agence nationale de la recherche
Supprimer le Crédit impôt recherche au profit du financement des universités et instituts de recherche et mettre en place des plans nationaux de recherche
Garantir un financement public des instituts de recherche impliqués dans la bifurcation écologique, afin de libérer cette recherche du poids des lobbies
Participer à l’émergence de revues scientifiques francophones en accès libre
Supprimer le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, refonder une vraie démocratie universitaire et confier l’évaluation par les pairs aux instances nationales et locales élues
Promouvoir une charte éthique internationale de l’usage des technosciences

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Refonder l’enseignement supérieur

Précarité des étudiants, doctorants et jeunes diplômés, manque de places, sélection à l’entrée, concurrence entre établissements et entre chercheurs pour des financements insuffisants et aléatoires : c’est dans l’enseignement supérieur que les conséquences de la marchandisation et du démantèlement du service public sont les plus avancées. Tout est à reconstruire dans une logique de coopération.

Garantir à tous les bacheliers l’accès sans sélection à la formation de leur choix en démantelant le système Parcoursup et restaurer le droit à la poursuite d’études en Master
Instaurer la gratuité de l’enseignement supérieur, de la licence au doctorat, quelle que soit la nationalité des étudiants
Supprimer la contribution à la vie étudiante et de campus (CVEC)
Mettre fin à la précarité des contractuels et jeunes chercheurs par la titularisation des personnels effectuant des missions pérennes et en abrogeant la loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030
Redonner à l’enseignement supérieur et à la recherche les moyens nécessaires en les fondant sur des financements pérennes et en augmentant le budget des universités et des centres de recherche : planifier les créations d’emplois et la construction de nouveaux établissements à partir d’une cartographie des besoins
Interdire le caractère lucratif des écoles privées de l’enseignement supérieur (actionnariat, cotation en bourse)
Lancer un grand plan pour l’immobilier universitaire, incluant la construction et la rénovation de laboratoires, d’amphithéâtres et lieux de vie sociale, citoyenne et étudiante
Construire 15 000 logements supplémentaires par an, rénover et remettre aux normes de sécurité et environnementales les logements existants
Abroger les lois relatives aux libertés et responsabilités des universités (LRU) et Fioraso et réaffirmer le caractère national du service public de l’enseignement supérieur (cadre national des diplômes, statut des établissements et des personnels…)
Augmenter drastiquement le nombre de psychologues au sein des universités et renforcer les services de santé pour assurer un accès gratuit aux soins (dentaires, gynécologiques, etc.) à l’ensemble des étudiants
Renforcer le contrôle pédagogique de toutes les formations privées par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche

À savoir

  • 76 % des Français sont pour rétablir le libre choix de sa filière d’inscription à l’université en supprimant Parcoursup (Harris Interactive, juillet 2021)

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Créer une conscription pour le secours collectif

Le Service national universel (SNU) mis en place par Emmanuel Macron, est aussi coûteux qu’inutile. Il a été le théâtre de harcèlements, d’agressions sexuelles, de racisme et de punitions collectives intolérables. Nous proposons un service citoyen obligatoire avant l’âge de 25 ans, rémunéré au SMIC revalorisé pendant neuf mois et ouvrant de nouveaux droits : formation, bilan de santé, permis de conduire. Ces jeunes pourront s’ils le souhaitent intégrer la garde nationale placée sous commandement civil. Elle regroupera également la réserve de sécurité nationale, la réserve de sécurité civile et la réserve citoyenne.

Instaurer une conscription citoyenne et créer une garde civile nationale
Mettre en place une conscription citoyenne de neuf mois, pour les femmes et les hommes de moins de 25 ans, rémunérée au SMIC – revalorisé – ; elle comprend une formation militaire initiale (avec droit d’objection de conscience) et des tâches d’utilité publique (secours aux personnes, sécurité civile, protection et réparation de l’environnement, appui à des associations labellisées d’intérêt général, appui à la population en cas de crise sanitaire)
Intégrer dans cette conscription un bilan de santé et une évaluation des capacités d’écriture, lecture et calcul, avec mise à niveau si nécessaire. Elle comprendra aussi une formation gratuite à la conduite et le passage de l’examen du permis de conduire
Abroger le SNU et faire la lumière sur les dérives sexistes, racistes et violentes qui s’y sont produites
Créer une garde nationale sous commandement civil, composée de la réserve de sécurité nationale, de la réserve de sécurité civile, de la réserve citoyenne et des jeunes en service citoyen obligatoire ayant souhaité intégrer l’une de ces réserves

À savoir

  • 74 % des Français sont favorables à un service citoyen mixte, d’une durée de 9 mois, payé au SMIC (Harris Interactive, juillet 2021)

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