Le Programme

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Chapitre 8 : Travailler tous, travailler moins, travailler mieux

Établir la garantie d’emploi

Le chômage est un fléau pour les individus, pour les familles et pour la société tout entière. La collectivité doit intervenir et proposer à tous de prendre la part du travail qui est nécessaire. Pour cela, tout chômeur de longue durée se verra proposer un emploi utile à la transition écologique ou à l’action sociale (les secteurs d’urgence), en lien avec ses qualifications et sur la base du volontariat.

Créer une garantie d’emploi : tout chômeur de longue durée pourra se voir proposer d’être embauché au moins au SMIC revalorisé dans un secteur d’urgence

À savoir

  • 87 % des Français se déclarent favorables à ce que l’État garantisse un emploi à tout chômeur de longue durée qui souhaite travailler (Harris Interactive, mai 2021)

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Réduire le temps de travail et faire naître une société du temps choisi

Le temps de travail des salariés français n’a pas diminué depuis 2002. La dernière fois qu’ils ont obtenu une semaine de congés payés supplémentaire remonte à quarante ans, avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. La réduction du temps de travail est un progrès social et humain, pour reposer le corps et l’esprit. C’est aussi une nécessité quand les emplois manquent : pour une offre d’emploi vacante, il y a 13 chômeurs dans notre pays !

La réduction du temps de travail est à la fois un objectif historique et la politique la plus juste, la plus efficace et la moins coûteuse contre l’usure des salariés et le sous-emploi. C’est aussi un enjeu de planification écologique : il est urgent de réduire le nombre de trajets vers son lieu de travail et d’augmenter le temps individuel dédié à d’autres activités.

Rétablir immédiatement la durée légale hebdomadaire à 35 heures (en majorant les heures supplémentaires, cotisations incluses, à 25 % pour les 4 premières et 50 % au-delà), passer aux 32 heures dans les métiers pénibles ou de nuit, et favoriser leur généralisation par la négociation collective
Rétablir la retraite à 60 ans après quarante années de cotisation
Généraliser une sixième semaine de congés payés pour tous les salariés
Convoquer une conférence nationale sur le partage du temps de travail et l’impact du progrès technologique
Remettre en cause les autorisations de travail le dimanche
En finir avec la flexibilisation, l’annualisation contrainte, l’intensification et les horaires fractionnés

À savoir

  • 70 % des Français se déclarent favorables à l’instauration de la semaine de 4 jours, 32h payées 35h (Ifop, 2024)

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Un emploi stable pour chacun

Près de 4 millions de personnes travaillent en emploi précaire. 87 % des embauches ont lieu en contrats courts. La précarité représente un tunnel sans fin. Si un précaire sur deux obtenait un CDI au bout d’un an en 1982, aujourd’hui c’est seulement un sur cinq ! Et ce, sans compter les temps partiels contraints, quasi-exclusivement occupés par des femmes. Dans la France de Macron, 1,5 million de personnes cumulent même deux emplois pour s’en sortir. Cette vision « jetable » des salariés dévalorise le travail, nie les métiers et les savoir-faire. Elle empêche de lancer de vrais projets, de se former ou de s’intéresser à ses clients et ses usagers.

Instaurer un quota maximal de contrats précaires dans les entreprises : 10 % pour les petites et moyennes entreprises (PME), 5  % pour les grandes entreprises
Abroger les ordonnances Pénicaud et la loi El Khomri et rétablir le « principe de faveur » : un accord d’entreprise doit être plus favorable qu’un accord de branche, lui-même plus favorable que la loi
Transposer dans le droit français la directive européenne sur la présomption de salariat empêchant les plateformes numériques (Uber, Deliveroo, etc.) d’avoir recours aux faux indépendants
Titulariser les précaires des trois fonctions publiques
Encadrer la sous-traitance en garantissant par la loi la responsabilité des donneurs d’ordre vis-à-vis de leurs sous-traitants et en la limitant à un seul niveau

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Augmenter les salaires et réduire les inégalités salariales dans l’entreprise

Un salarié au SMIC gagne à peine plus que le seuil de pauvreté. 60 % de ces salariés sont des femmes souvent employées à temps partiel. À l’autre bout de la hiérarchie, les revenus de certains PDG sont indécents. À poste et qualification équivalents, les femmes sont toujours moins payées que les hommes. Et la maternité reste le plus souvent un « risque » pour leur carrière. Dans ces conditions, plus de 700 000 femmes sont empêchées d’accéder à l’emploi, alors qu’elles le souhaiteraient. C’est une injustice pour elles et une atteinte au principe d’égalité.

Porter immédiatement le SMIC mensuel à 1600 euros net et indexer les salaires sur l’inflation dans le privé et dans la fonction publique
Revaloriser la rémunération des apprentis et des alternants
Organiser une conférence sociale générale sur les salaires, ainsi que dans chaque branche, notamment pour :
Revaloriser en matière de salaires, de conditions de travail et de parcours professionnels les métiers occupés majoritairement par des femmes dans les secteurs du soin, du lien et du contact
Fixer un salaire maximal autorisé pour limiter l’écart de 1 à 20 entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut dans une entreprise
Créer dans l’entreprise une commission de contrôle salarié sur l’égalité entre les femmes et les hommes et punir sévèrement le non-respect de l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes par des sanctions financières et pénales
Plafonner les versements de dividendes aux actionnaires en limitant la part des bénéfices qui leur est distribuée à la part versée aux employés
Revaloriser le traitement des fonctionnaires
Interdire les parachutes dorés et les retraites chapeaux
Supprimer les stock-options et le versement d’actions gratuites
Augmenter la représentation des salariés dans les conseils d’administration

À savoir

  • 76 % des Français sont pour l’augmentation du SMIC à 1400 euros net par mois (Harris Interactive, juillet 2021)

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Rétablir une assurance-chômage protectrice

Le gouvernement Macron prépare de longue main le démantèlement de l’assurance-chômage. Allongement de la durée minimale de cotisation, réforme du mode de calcul : au total, ce sont plus d’1 million de perdants. Le gouvernement n’a qu’une seule obsession : servir les riches et humilier les pauvres. Pourtant le chômage tue : 14 000 personnes en meurent par an, à cause du stress, de la dépression, du manque de sommeil. L’assurance-chômage doit les protéger et nous devons créer des emplois en nombre.

Revenir sur les réformes Macron en abrogeant l’éligibilité et les méthodes de calcul du montant et de la durée de l’allocation pour indemniser les chômeurs en fonction de leurs derniers salaires grâce à une assurance calculée à partir du premier jour de travail
Abroger la loi France Travail et l’obligation de réaliser 15h d’activités hebdomadaires contre le revenu de remplacement (allocation-chômage, RSA, ASS…)
Élargir la médecine du travail aux chômeurs, avec visite obligatoire au-delà de six mois
Indemniser les chômeurs dès le premier jour de la fin de contrat
Supprimer l’obligation d’accepter une soi-disant « offre raisonnable d’emploi »
Cesser la radiation des chômeurs à la première absence à un rendez-vous et en finir avec la logique de radiation au moindre prétexte pour faire baisser artificiellement les chiffres du chômage
Rétablir un régime d’assurance-chômage spécifique pour les intermittents de l’emploi et les intérimaires permettant de leur assurer une meilleure couverture chômage entre deux périodes d’emploi
Abroger la présomption de démission en cas d’abandon de poste et le principe de fin des allocations chômage pour les intérimaires et les CDD qui refusent un CDI
Empêcher l’État de prélever dans les caisses de l’Unédic

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Une sécurité sociale professionnelle

Le monde du travail est si instable et précaire qu’il est difficile de progresser dans son métier. Comment se former aux nouveaux outils ou aux dernières inventions, lorsqu’on change d’entreprise ou de secteur régulièrement ? Pour remédier à ce problème, nous proposons d’établir une sécurité sociale professionnelle. À côté de la maladie, des accidents ou du chômage, elle couvrira un nouveau risque : celui de la carrière. La sécurité sociale professionnelle maintiendra les droits des travailleurs tout au long de la vie, y compris hors du contrat de travail, en les liant à la personne – comme la carte Vitale garantit la continuité du droit à la santé. Cette sécurité sociale professionnelle rendra le travail indépendant du capital. Les travailleurs pourront choisir librement leur domaine de formation et élever leurs qualifications. Nous inventerons les nouvelles manières de travailler au XXIe siècle.

Assurer la continuité des droits personnels (à la formation, aux congés, à l’ancienneté…), hors du contrat de travail, et les transférer d’un contrat à l’autre
Garantir le maintien du revenu en cas de reconversion ou de formation
Donner à chaque salarié le droit à 36 heures de formation par an, librement utilisables dans le domaine de son choix
Intégrer les périodes de stages et d’apprentissage dans la sécurité sociale professionnelle (ancienneté, congés, formation)

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En finir avec la souffrance au travail

Qui n’a pas entendu parler du burn-out ou de surmenage dû au travail ? Ces maux sont devenus fréquents, plus reconnus aussi. Dans certaines professions ou entreprises, le mal est si grave que des employés en viennent à se suicider.

Souffrir au travail n’est pas naturel et encore moins nécessaire. Le progrès social et humain, c’est même tout l’inverse.

Contrairement aux idées reçues, la mort au travail est toujours d’actualité et n’appartient pas au passé : l’année 2022 a été la plus meurtrière depuis 20 ans. Chaque année, on déplore 1000 morts au travail : accidentés sur des sites dangereux ou par négligence des donneurs d’ordres, atteints de maladies professionnelles incurables, résolus au suicide face à des situations insupportables. Chaque année, des millions de personnes sont marquées par leurs conditions de travail : cela va des douleurs physiques dues à des charges ou postures à des souffrances morales. Pour nous, le travail doit être une activité sans danger évitable : utile, émancipatrice et respectueuse de la personne.

Porter un objectif de zéro mort au travail
Reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle
Doubler les effectifs de l’inspection du travail et l’autoriser à interrompre un chantier pour raison climatique
Établir des seuils thermiques minimaux et maximaux dans les locaux intérieurs de travail, imposer des temps de pause obligatoire par température extrême
Renforcer la médecine du travail, en l’intégrant au service public de santé, en restaurant la visite médicale obligatoire à l’embauche et les visites périodiques dans la carrière, y compris durant les périodes de chômage
Restaurer les Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), augmenter leurs moyens et rendre leurs avis contraignants, et élargir ses missions

aux enjeux de préservation de l’environnement

Inscrire tous les produits cancérogènes pointés par le Centre international de recherche sur le cancer dans les facteurs de maladies professionnelles, dont les pesticides
Faire du nombre d’accidents du travail un critère de sélection dans l’accès aux marchés publics
Comptabiliser les agents de la fonction publique d’État ou salariés affiliés à un régime spécial dans les statistiques officielles des accidents du travail
Intégrer les travailleurs indépendants dans le champ des accidents du travail
Lutter contre l’impunité des donneurs d’ordre en instaurant une pénalité financière en fonction du niveau d’accidents et de maladies professionnelles
Rendre effectif le droit à la déconnexion et encadrer le télétravail

À savoir

  • 63 % des Français sont pour l’abrogation des lois travail initiées par François Hollande et Emmanuel Macron (Harris Interactive, juillet 2021)
  • 81 % des Français s’expriment en faveur de la reconnaissance du burn-out comme une maladie professionnelle (Harris Interactive, janvier 2018)

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Garantir une retraite digne

De janvier à juin 2023, notre pays a connu une des mobilisations les plus massives de son histoire contre la réforme des retraites d’Emmanuel Macron et d’Elisabeth Borne. Le Gouvernement a choisi de contourner le Parlement. Imposée par l’article 49.3 contre le refus de 70 % des Français et plus de 90 % des actifs, cette réforme n’a jamais été votée à l’Assemblée nationale. Malgré les mensonges du Gouvernement sur les économies réalisées ou la fausse promesse d’une retraite minimale à 1 200 €, nos concitoyens ont compris qu’ils allaient devoir travailler toujours plus et subir une baisse des pensions. Pour vivre plus longtemps, dans des conditions dignes et en bonne santé, il faut pouvoir s’arrêter de travailler suffisamment tôt.

Abroger la réforme d’Emmanuel Macron passant l’âge de départ à la retraite à 64 ans et restaurer le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour 40 annuités de cotisations
Porter a minima au niveau du SMIC revalorisé toutes les pensions pour une carrière complète (salarié, indépendant, agriculteur), et le minimum vieillesse au niveau du seuil de pauvreté
Prendre en compte le revenu de solidarité active (RSA) pour valider des trimestres en vue de la retraite
Augmenter de 0,25 point par an durant le quinquennat le taux de cotisation vieillesse et soumettre à cotisation les dividendes, les revenus d’intéressement, de participation, d’épargne salariale, ainsi que les revenus financiers des entreprises
Indexer le montant des retraites sur les salaires
Interdire au Fonds de réserve pour les retraites d’investir dans des secteurs polluants
Supprimer la décote qui représente une double peine pour les retraités, a fortiori les femmes et les plus précaires

À savoir

  • 83 % des Français sont pour que chaque retraité touche au minimum une pension égale au SMIC (Harris Interactive, juillet 2021)
  • 71 % des Français sont favorables au retour de la retraite à 60 ans (Ifop 2022)

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