Le Programme

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Chapitre 15 : Une approche de santé globale

S’organiser pour faire face aux pandémies

Tant que les causes des pandémies n’auront pas été réglées, nous devons nous tenir prêts à des répliques de même nature que le Covid-19. Il nous faudra le faire de la manière la plus efficace et humaine, c’est-à-dire en choisissant le « tous ensemble » plutôt que le « chacun pour soi » et en sauvegardant nos libertés. L’État planificateur sera l’instrument principal de notre adaptation à l’ère des pandémies.

Adopter un plan d’adaptation aux pandémies et zoonoses non liberticide, basé sur la société du roulement et la planification sanitaire
Abroger les lois sur l’état d’urgence sanitaire et le passe sanitaire
Reconnaître les épidémies et pandémies au titre des catastrophes naturelles
Interdire le dépôt de brevets sur les médicaments et les équipements nécessaires à une réponse sanitaire urgente et rendre obligatoire le partage de connaissances en vue d’une production massive et équitablement répartie des biens médicaux de première nécessité
Réquisitionner les entreprises indispensables à la production de matériel sanitaire (masques, tests, purificateurs)
Faire un pôle public du médicament qui devra :
Assurer une relocalisation de la production de médicaments
Garantir l’approvisionnement d’une réserve stratégique
Nationaliser certaines filiales critiques (notamment le doliprane)
Assurer le contrôle des prix sur l’ensemble des produits de santé et communiquer sur leurs coûts réels
Permettre la transparence sur le financement de la recherche et du développement
Mettre en place une conditionnalité des aides perçues par les entreprises privées pour la recherche de vaccins et médicaments
Produire et diffuser massivement les vaccins et traitements passés sous licence d’office

À savoir

  • 90 % des Français sont pour la création d’un pôle public du médicament, qui serait un établissement public scientifique et technique, ayant vocation à s’assurer de l’approvisionnement de la France en matière de dispositifs médicaux (Harris Interactive, juin 2020)
  • 83 % des Français sont favorables à ce que les pandémies soient reconnues comme des catastrophes naturelles (Harris Interactive, juin 2020)

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Faire passer la santé d’abord et reconstruire les établissements de santé publics, notamment les hôpitaux

Notre système de santé a longtemps été le meilleur au monde. Mais l’austérité et la marchandisation le disloquent. Il n’est plus en mesure de faire face à la multiplication des maladies chroniques et aux épidémies. Nous devons déployer une politique de soins, de prévention et de santé publique capable de prévenir, de soigner tout le monde et d’en respecter les acteurs.

Reconstruire le service public hospitalier et instaurer le « 100 % Sécu » en remboursant à 100 % les soins de santé prescrits et en intégrant les mutuelles dans la Sécurité sociale
Réouvrir progressivement des services d’urgences, de maternités et des EHPAD publics assurant un service de santé public de proximité à moins de trente minutes de chaque Français
Sortir de la politique du chiffre à l’hôpital : remplacer l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (ONDAM) par un objectif national des besoins d’assurance-maladie (ONBAM), financer les hôpitaux par une dotation globale, un prix de journée et une tarification à l’acte pour les seules activités techniques programmées
Publier immédiatement le nombre de décès faute de prise en charge, revenir sur les suppressions de lits et les fermetures temporaires d’accueil dans les services hospitaliers
Abroger la hausse des franchises médicales de 2024
Engager un plan pluriannuel de recrutement des professionnels du soin et du médico-social (médecins, infirmiers, aides-soignants et personnels administratifs), revaloriser les métiers, les salaires et la tarification de certains actes libéraux des infirmiers
Actionner tous les leviers pour combattre les déserts médicaux :
Recrutement de médecins publics
Créer un réseau public de centres de santé pluridisciplinaires ou communautaires et de coopératives médicales en lien avec des infirmiers référents et déployer de manière effective le statut d’infirmier de famille
Financer l’augmentation du nombre de places en faculté de médecine en partant des besoins et la création d’écoles normales de santé dans les territoires
Rétablir l’obligation de participation de l’ensemble des médecins à la permanence des soins dans chaque département
Réguler l’installation des médecins et généraliser les guichets uniques pour toutes les démarches d’installation des soignants
Éradiquer d’urgence la précarité administrative, sociale et statutaire dans laquelle sont maintenus les praticiens diplômés hors Union européenne et leur permettre d’exercer de manière pérenne en France
Faire du plan national santé environnement (PNSE) un moyen d’éradiquer les maladies chroniques liées à la malbouffe et à l’exposition aux pollutions, notamment dans un cadre professionnel (pesticides, radioactivité, amiante, produits chimiques)
Mettre fin à l’épidémie de VIH en France par un grand plan national de dépistage et de traitement
Faire un véritable plan pour la santé mentale :
Réouvrir, dans un premier temps, des lits de psychiatrie publics
Renforcer les réseaux de CMP (centres médico-psychologiques)
Permettre le suivi psychologique ambulatoire par le conventionnement de professionnels
Augmenter le nombre de places en faculté de médecine dans la filière psy
Faire de la prévention en renforçant la médecine du travail ainsi que la médecine scolaire et universitaire
Protéger la recherche de la finance et supprimer l’influence des entreprises privées dans les activités médicales et hospitalières

À savoir

  • 86 % des Français sont favorables à la re?ouverture des lits hospitaliers ferme?s depuis 2010 (Harris Interactive, juillet 2021)

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Addictions et drogues : il faut changer de stratégie

La politique française en matière de drogues mais aussi d’autres consommations addictives et néfastes (alcool, tabac, médicaments) se résume trop souvent à la répression ou à l’hypocrisie. Pourtant les addictions concernent plusieurs millions de personnes. L’Office français des dépendances et toxicomanies estime ainsi que 8 % des adultes présenteraient un risque chronique d’addiction à l’alcool et un quart (27 %) une addiction au tabac. L’usage problématique ou la dépendance au cannabis concernerait 7 % des adolescents de 17 ans et 3 % des 18-64 ans. C’est une affaire de santé publique ! L’heure est venue de changer de stratégie pour lutter plus efficacement et plus humainement contre les addictions.

Légaliser et encadrer par un monopole d’État la consommation, la production et la vente de cannabis à des fins récréatives dans des conditions permettant de lutter contre l’addiction
Affecter les recettes des taxes sur le cannabis à des programmes de lutte contre les addictions, notamment en milieu scolaire, et à une politique de prévention, de réduction des risques et d’aide à la désintoxication
S’attaquer aux causes des addictions, pour engager une politique de réduction des risques plutôt que de continuer une politique de répression des consommateurs
Confier le pilotage de la politique de lutte contre les drogues au ministère de la Santé et non plus de l’Intérieur• Accroître les forces de police et des douanes à des fins d’investigation et de remontées des filières
Renforcer et développer les coopérations judiciaires (magistrats de liaison, attachés douaniers et attachés de sécurité intérieure) en particulier avec les pays de production et d’exportation de drogues
Lutter contre les organisateurs du trafic de cigarettes et viser une jeunesse « zéro tabac »

À savoir

  • 57 % des Français sont pour la légalisation, encadrée par l’État, de la consommation de cannabis (Harris Interactive, juillet 2021)

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En finir avec la malbouffe

Nous sommes confrontés à une épidémie de maladies chroniques (diabète, obésité) et de cancers. L’agroindustrie et ses produits vendus à grand renfort d’additifs et de publicité en sont une cause majeure. Les plus pauvres en sont les premières victimes. En finir avec la malbouffe est un enjeu de santé publique. Nous avons les moyens de produire autrement pour nous nourrir tous et mieux.

Créer un ministère de la Production alimentaire
Interdire d’urgence les additifs les plus controversés, limiter la liste des additifs autorisés à ceux admis dans l’agriculture biologique
Fixer des taux maximaux de sel, de sucre et d’acide gras saturés dans les aliments transformés et garantir l’application de la loi y compris dans les Outre-mer
Rendre le nutri-score (étiquetage nutritionnel) obligatoire pour en finir avec la désinformation de la grande distribution
Interdire la publicité alimentaire sur tous les supports (radiophonique, audiovisuel et électronique) à destination des enfants et adolescents
Créer une heure hebdomadaire d’éducation à la nutrition de la maternelle au collège
Expérimenter une garantie universelle d’accès à des aliments choisis comme premier jalon d’une « sécurité sociale de l’alimentation » et soutenir les différentes expérimentations locales et communales de sécurité sociale de l’alimentation
Garantir en permanence l’accès à cinq fruits et légumes de saison à prix bloqués
Porter l’alimentation dans la restauration collective à 100 % biologique et locale, réduire la part des protéines carnées au profit des protéines végétales et y imposer une option végétarienne quotidienne

À savoir

  • 91 % des Français sont favorables à une loi pour limiter la malbouffe (Ifop, février 2019)

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